Tu entends souvent parler d’introverti·e·s et d’extraverti·e·s. Mais toi, tu ne te reconnais ni complètement dans l’un, ni totalement dans l’autre ?
C’est peut-être pour ça que le mot ambiversion te parle.
L’idée est simple : certaines personnes seraient un peu des deux.
Capables de profiter de la foule comme de la solitude. D’aimer les échanges… mais de ne pas les chercher tout le temps.
En bref : des personnes qui se situeraient quelque part entre les deux pôles.
Sur le papier, c’est séduisant. Et le mot circule beaucoup dans les blogs, les vidéos de développement personnel, les forums…
Sauf que.
L’ambiversion n’est pas un concept reconnu scientifiquement, contrairement à l’introversion ou l’extraversion.
C’est une notion populaire, utile à certains pour se situer — mais qui manque de base rigoureuse.
Ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise idée.
Juste qu’il faut savoir ce qu’on met derrière ce mot, et ce qu’il peut (ou ne peut pas) t’apporter.
Résumé
- L’ambiversion est un terme populaire qui désigne les personnes entre introversion et extraversion.
- Ce n’est pas un concept scientifique validé, mais il aide certaines personnes à se situer.
- L’introversion et l’extraversion forment un continuum : on se positionne quelque part entre les deux, et ce point peut évoluer.
- Dire “je suis ambiverti·e” peut rassurer, mais attention à ne pas s’enfermer dans une nouvelle étiquette.
- Ce qui compte, c’est d’apprendre à mieux te connaître, au-delà des cases.
Pourquoi ce concept séduit autant ?
Quand on te demande “Tu es introverti·e ou extraverti·e ?”, c’est un peu comme si tu devais choisir un camp.
Et franchement, parfois… tu ne sais pas.
Tu peux adorer un dîner entre ami·e·s et avoir envie de t’isoler le lendemain.
Tu peux prendre la parole en public sans souci, mais fuir les discussions de couloir.
Tu peux t’épanouir dans une équipe… et rêver d’un bureau fermé.
Bref : l’étiquette ne colle pas. Et c’est là que l’ambiversion entre en scène.
Elle rassure. Elle donne une case intermédiaire, plus souple, moins binaire.
Elle permet de dire : “Je ne suis pas bizarre, je suis ambiverti·e.”
Le concept plaît parce qu’il reflète une réalité vécue par beaucoup : nos comportements changent, selon les situations, les gens, notre humeur du jour.
Et même si ce n’est pas un terme scientifique, il peut offrir un point de départ pour mieux s’observer soi-même — à condition de ne pas s’y enfermer.
Est-ce qu’on peut vraiment être entre les deux ?
C’est là que les choses deviennent intéressantes.
En psychologie, l’introversion et l’extraversion ne sont pas deux cases séparées : ce sont les deux extrémités d’un même continuum.
Autrement dit : on est plus ou moins introverti·e ou extraverti·e, mais rarement à 100 %.
Et beaucoup de gens se situent quelque part au milieu. Ce n’est pas une égalité parfaite entre les deux pôles, mais une tendance plus nuancée.
Ce qui complique encore les choses, c’est que ce positionnement peut évoluer :
- selon le contexte (travail, famille, soirée, etc.)
- selon l’état d’esprit (fatigue, stress, motivation)
- selon les phases de vie
Par exemple, tu peux être globalement introverti·e, mais t’épanouir dans des activités extraverties.
Ou avoir été très sociable ado, puis ressentir aujourd’hui un besoin plus fort de solitude.
Donc oui, on peut tout à fait ne pas se sentir à l’une des extrémités.
Et c’est ça que beaucoup de gens appellent “ambiversion”… même si ce n’est pas un terme officiel.
C’est un peu — avec toutes les nuances nécessaires — comme la logique d’un spectre : tu ne te situes pas dans une case rigide, mais sur une ligne, un peu mouvante, entre deux pôles.
Comme pour d’autres traits humains, cette façon de penser en gradients plutôt qu’en catégories peut aider à mieux se comprendre.
Ce que ça dit (et ce que ça ne dit pas)
Dire “je suis ambiverti·e” peut t’aider à mieux te comprendre, surtout si tu ne te retrouves pas du tout dans les clichés de l’introverti silencieux ou de l’extraverti surexcité.
Ça peut apaiser une forme de doute : “Je ne suis pas incohérent·e, je suis juste entre les deux.”
Mais il y a un risque : celui de remplacer une case par une autre.
Et de t’accrocher à une étiquette sans chercher à comprendre comment tu fonctionnes vraiment.
Être ambiverti·e ne veut pas dire que tu as “trouvé l’équilibre parfait”.
Tu peux te sentir à l’aise en groupe et avoir besoin de silence.
Aimer parler en public et avoir du mal à créer du lien en tête-à-tête.
Finalement, ce qui compte, ce n’est pas tant le mot.
C’est ce qu’il révèle : un besoin de souplesse, de nuances, d’auto-observation.
Parce que tu n’es pas une case. Tu es un mélange, un mouvement, une complexité.