Un introverti, un site, une histoire.
Je m'appelle Philippe. J'ai 40 ans.
Depuis l'adolescence, j'ai ce sentiment d'être un peu à côté. Pas dans le mauvais sens — juste... différemment branché.
Sur mes bulletins scolaires, c'était invariablement la même chose : "ne participe pas", "pourrait s'impliquer davantage", "discret". Comme si le silence était un défaut à corriger. Comme si ne pas lever la main signifiait ne pas penser.
Pendant longtemps, j'ai mis ça sur le compte de la timidité. Ou d'un caractère réservé. Ces mots-là, je les connaissais. Le mot "introverti", beaucoup moins.
Les amitiés se sont toujours construites naturellement, autour de centres d'intérêt communs plutôt que par démarche volontaire. Je n'allais pas vers les gens — pas par manque d'envie, mais par crainte de déranger. Et surtout, par peur que ce ne soit pas réciproque. Quand je sentais que je pouvais bien m'entendre avec quelqu'un, je restais souvent à distance plutôt que de risquer de m'investir dans quelque chose qui ne serait pas rendu. Résultat : beaucoup de relations restées à la surface, alors que ce qui compte vraiment pour moi, ce sont les liens authentiques.
Côté amoureux, même histoire. Aborder quelqu'un ne m'est jamais venu naturellement. C'est via un forum que j'ai rencontré, il y a bientôt 20 ans, la personne avec qui je vis aujourd'hui. On se ressemble pas mal sur ce point — et quelque part, ça aide.
Au travail, le stress de l'entretien, la peur de ne pas être à la hauteur une fois en poste... je connais bien. Est-ce que c'est lié à l'introversion, ou plutôt au syndrome de l'imposteur ? Je ne sais pas encore exactement — mais c'est un sujet que j'ai envie d'explorer sur ce site.
Et puis un jour, j'ai mis un nom sur tout ça. Et beaucoup de choses ont commencé à faire sens.
Ce site est né de là. Pas pour me plaindre, ni pour revendiquer quoi que ce soit. Juste pour explorer ce que ça veut dire, concrètement, de fonctionner comme ça — au travail, dans les relations, dans la vie sociale. Et peut-être donner à d'autres ce que j'aurais aimé lire plus tôt.
Professionnellement, je travaille dans le SEO — un métier qui se fait souvent seul, derrière un écran, à analyser et construire. Ça tombe bien.